De ma dernière expérience professionnelle, j'ai appris que bien plus que l'intitulé du poste, c'était le facteur humain qui importait. En effet, j'ai successivement travaillé dans un service courrier-facturation-archivage et en tant que vendeuse en PAP. De prime abord, la première boîte a un aspect froid et aseptisé comme seuls les bureaux des grosses boîtes peuvent l'être, tandis que la seconde est accueillante, il y règne une ambiance cool et décontractée (entre les vendeurs, les patrons et les clients).
Intra muros, l'essentiel du premier boulot consistait, à l'aide de matériel bureautique (agrafeuse, post-it) et informatique, à rapprocher des documents et à vérifier certaines concordances. Pas besoin de beaucoup réfléchir, pas de patron sur le dos, une équipe de nanas sympas. Une fois le taf fini, les papiers restaient sagement là où ils étaient, à savoir dans leurs cartons ou leurs pochettes. Il en allait tout autrement du boulot dans la vente. Même si numérairement, l'équipe était égale à celle des bureaux, nous échangions peu (ou alors uniquement boulot en débriefant sur tel ou tel client) et nous ne pouvions pas prendre nos pauses repas ensemble, contrairement à l'autre emploi. Ce sont des petits détails qui créent un lien au sein de l'équipe. A défaut, aller au travail se résume à... travailler.
Ajoutez à cela une pression palpable pour atteindre un chiffre d'affaires journalier qui avait pour effet de m'empêcher de "déconnecter" une fois le magasin fermé. Donc même si le second boulot présentait l'intérêt d'être moins monotone, j'ai nettement préféré travailler dans les bureaux. Au final, un vécu inverse de l'image véhiculée par le poste : une ambiance cool et sympa dans des bureaux austères et une atmosphère tendue dans une boutique qui se veut fun.
Morale : mieux vaut être éboueur et aimer l'équipe et la direction avec laquelle on travaille plutôt qu'être avocat dans un cabinet pince sans rire avec un supérieur hystérique ou tyrannique.
Le facteur humain donc, celui-là même qui change toute la donne. On ne comprend pas pourquoi un individu pète soudainement un plomb et massacre tout sur son passage. On se croit à la pointe des dernières tendances en matière de mode et il suffit de changer de milieu pour s'apercevoir que nos repères ne sont que culturels et géographiques. L'homme, capable de tout, du meilleur comme du pire. L'homme en tant qu'acteur de son environnement.
Le facteur humain, pris en compte dans l'évaluation et l'analyse de données : ici, le diagramme d'Ishikawa
